"Dans ma tête, ça se bouscule une idée par-ci une idée par-là."

 

Si ça se bouscule dans la tête d'enzo, ça se bouscule aussi dans son espace. Il faut imaginer être accueilli par un bataillon de figurines, Albator comme fée du logis, Babar en auto et Mickey cosmonaute, un robot des eighties et Donald qui bouge les jambes quand tu lui serres la queue. Si par malheur un courant d'air ou un infortuné pas de côté percute l'un des personnages, c'est tout un équilibre hasardeux qui menace de s'écrouler : chutes de bois, avec ou sans clous ; papiers peints, glacés, imprimés, déchirés ; appareils photos, caméra, bombes de peinture entamées, outils qui coupent et qui meulent, meubles des années 50, poupées emballées et lampes par milliers. Au-dessus de ce cabinet de curiosités (mais au-dessous d'Albator), un iMac trône en maître sur le bureau-table de repas-plan de travail.   
Tout est indispensable : du temps, de l'accumulation, de la matière dormante, (au même titre que les casseroles et les tubes de dentifrice qui eux, prennent bien moins de place). Indispensable, une bonne dose de confiance en le hasard aussi. Tôt ou tard, des rencontres s'opéreront entre les objets, les époques, les qualités. Le grand et le petit, l'utile et l'agréable, l'élégant et le décati. Flirts entre image de l'art et image de guerre, entre un Playmobil et un saint acéphale, tout est bon à prendre. Innocemment impie mais toujours bon esprit. Quoique.
A grands coups de scie sauteuse, cutter, outil polygone et contour progressif, enzo taille dans la masse et cisèle un microcosme qui mine de rien pris dans son ensemble, égratigne tranquillement les conventions.