Vues d'exposition

20e  festival Traverse Vidéo
Toulouse Mars  2017 

Parasites  


Installation -  vue d'exposition  sept animations en boucle, cinq photomontages numériques  (école PRÉP’ART)

Quel sens prêter aujourd’hui à une galerie de télévisions à tube cathodique noires, massives, trônant sur leur petit socle ? Qu’évoquent aux plus jeunes ces divinités archaïques, quels souvenirs éveillent-elles chez les spectateurs qui jusqu’au début des années 2000, se rassemblaient devant le 20h ou consommaient en catimini des mangas dès le petit matin ?

Désormais plat et léger dans nos poches, ou géant dans les salons, bureaux ou vitrines, l’écran est moins objet d’un rituel que partie du corps, cerveau externe ouvrant sur un flux d’images inépuisable, non hiérarchisé.
Une télévision d’environ vingt-cinq kilos, d’une épaisseur moyenne de quarante centimètres, redonne corps aux images qui l’habitent. Les courtes animations que diffusent les postes de l’installation Parasites tournent en boucle, leurs bandes-son entremêlées formant un brouhaha discordant, agaçant. La déambulation rend à chaque séquence sa spécificité : paysages spectraux ou compositions abstraites au mouvement saccadé ; individus répétant indéfiniment le même geste, la même mimique, parfois perturbés par un élément importun (Mickey apparaissant furtivement entre deux commères).

Rythmant l’installation, les photomontages numériques manient, de la même manière, le télescopage des sources, à l’instar de ces surfeurs nudistes posant innocemment devant un champignon atomique. Les images résultant de bugs côtoient les archives personnelles, les illustrations croisent les documents historiques... Sous une apparente absurdité, les éléments qui se rencontrent ne sont pas anodins et si certaines images expriment ouvertement le désenchantement, d’autres détails évoquent des pages de l’Histoire presque invisibles mais tout aussi tragiques.

Ainsi la question de la source se pose constamment, dans les animations comme dans les photomontages, faisant écho au nivellement des données sur la Toile : à quel moment la rencontre entre des documents disparates donne t-elle lieu à une nouvelle image, évidente et troublante, riche de ses origines variées ?